Moulinet tournant partie 1

Tout savoir sur les moulinets tournant en surfcasting Partie 1

Article de l’ancien site pecheaubar.com

Les moulinets de surfcasting appelés tambours tournants font un peu office d’épouvantail dans le grand monde des plages. Nombreux sont ceux à s’y être essayés, et nombreux sont ceux à s’en être dégoûtés. Pourtant, ces moulinets offrent des avantages considérables en termes de pêche et de plaisir. Pecheaubar.com se penche ce mois-ci sur ces redoutables petits diables.

Petit récapitulatif avant de commencer :

Les moulinets que l’on peut utiliser pour le surfcasting en tournant sont peu nombreux. Bien qu’ils puissent être utiliser sur une canne classique, ils trouvent leur vraie puissance sur des cannes à répartition spécifique. Ils n’ont pas de guide fil pour ne pas avoir de frottement lors du lancer. En effet, le but de ce type de moulinet est de lancer le plus loin possible. Vous allez dire qu’il suffit d’en acheter un avec le guide fil (moins cher) et de le retirer ! Et bien non, le système de pignons à l’intérieur n’est pas le même et la encore plus de frottements. Pour leur utilisation, il faut bien comprendre que c’est une technique d’utilisation bien différente que celle d’un moulinet classique.

En effet, le moulinet se retrouve au-dessus de la canne et pas en dessous et la fixation est un coaster pour caler ses doigts, mais peut se monter sur une fixation standard. De plus, les cannes font le plus généralement 3,90 mètres de long. Cette technique n’est utilisée que par très peut de personnes en France, un peut plus en Angleterre, mais c’est une minorité. Il faut de l’entrainement et une parfaite maitrise du geste. De préférence, entrer en contact avec un pratiquant de cette technique qui pourra vous corriger sur la gestuelle, car une erreur et il est possible de se prendre le plomb en pleine tête.

Les deux plus gros modèles de moulinet sont les mêmes depuis de nombreuses années, à savoir Daiwa Millionaire 7HT et ses variantes et le Abu Garcia Ambassadeur 6500 CT

Liste de modèles que vous trouverez le plus facilement et leurs variantes :

Daiwa Millionaire 7HT / 7HT Turbo (rouge) / 7HT Mag (bleu) / 7HT Mag ST ( rouge & noir)

Abu garcia Ambassadeur 6500 CT / 6550 CT power / 6500 CT premium Mag Elite / La liste est longue avec une panoplie de variantes, mais toujours en 6500 CT et 6500 CS

Penn 525  / 525 Mag / 525 Mag 2 / 525 Mag 3 / 525 Mag 4 / 525 GS /

Tica  CT205

Un concentré de simplicité

Bien qu’apparaissant complexes aux yeux des pêcheurs novices, les tambours tournants sont d’une simplicité remarquable. Imaginez- vous donc ce que représente la mécanique d’un moulinet à tambour fixe ! Avec ces moulinets que tout le monde connaît et utilise, nous nous trouvons en présence d’un système totalement incohérent à la base : une manivelle tournant sur le plan vertical chargée de faire tourner un pick up situé sur un plan horizontal, lequel rangeant le fil sur une bobine elle-même verticale..

Certes, les fabricants ont réalisé des prouesses qui permettent d’associer aujourd’hui facilité d’utilisation et robustesse. Cependant, les moulinets à tambours fixes ne peuvent rivaliser avec les tambours tournants sur bien des points.

Ci-contre : le tambour tournant est nettement plus petit et léger que le tambour fixe. Il n’en reste pas pour autant moins performant, bien au contraire.

‹‹‹ Le tambour tournant se présente sur le haut de la canne. Cette particularité lui permet d’abriter le fil du vent. D’autre part, la sortie du fil étant linéaire, ce dernier frotte moins sur les anneaux.

La simplicité est la première des qualités rencontrées. Sur un tournant, la bobine tourne sur le même plan que la manivelle. Un simple jeu d’engrenages permet d’entraîner la bobine. Au final, c’est un gain de poids considérable qui est obtenu sans aucune perte de résistance ni de contenance.

Ci-contre : le champion d’Angleterre de casting sur gazon arrive lui aussi à faire des perruques. Allez, quelques coups de débrousailleuse et ça repart !

Le tambour tournant est généralement petit et léger. Sa mécanique simplissime élimine tout un tas de pièces inutiles que l’on trouve dans le tambour fixe. Naturellement, la simplicité de ces moulinets a un prix : l’utilisation. Cette dernière n’est pas aussi aisée que celle d’un tambour fixe, loin s’en faut. Le tambour tournant demande beaucoup d’investissement temps avant d’être maîtrisé. Beaucoup se posent la question suivante : « Vais-je me sortir du puit sans fond dont on m’a parlé ? ». En réalité, la question à se poser est celle-ci : pourquoi des millions de pêcheurs dans le monde plébiscitent-ils ces moulinets ?


Des performances de haut niveau

‹‹‹ Le tambour tournant Champion du Monde de casting lourd. Avec lui, Danny Moeskop a pulvérisé la barre des 270 mètres. Certains intimes l’on même vu dépasser 300 mètres hors concours…

Le tambour tournant est réputé pour les distances qu’il est capable d’atteindre. Certains pêcheurs non au fait de leur sujet affirment que les tambours fixes lancent aussi loin que les tambours tournants. À tous ces gens, je conseillerai de tâter réellement de la chose avant de se montrer aussi catégoriques. Dans l’absolu, un tambour fixe est capable de lancer aussi loin que le tournant, mais avec des aménagements spécifiques. Il est vrai qu’un TF peut lancer à 200 mètres, mais avec du 30/100 maximum, voire du 25/100, toujours sans appâts. Il est impossible de lancer un appât à 170 mètres avec du 35/100 et ce genre de moulinet. Cela, seul le tambour tournant peut le réaliser.

‹‹‹ Côté pêche, le tambour tournant se veut plus docile. Un réglage approprié qui tient compte des vents permet de mieux contrôler la bobine.

Par ailleurs, la discipline très particulière pratiquée par le pêcheur en surf l’invite à affronter des conditions de pêche difficiles. Sa vie de pêcheur est jalonnée de multiples coups de mauvais temps, vents de face, froid etc… Avec un vent de mer fort, le tambour fixe peine. Il perd des mètres par paquets de douze à chaque rafale de vent. Dans les mêmes conditions, le tambour tournant ne perd qu’une infime partie de ses capacités. La raison en est très simple. À chaque lancer, la canne équipée d’un tambour fixe présente la ligne face au vent. Cette ligne tourne dans les anneaux (sous l’effet de rotation autour de la bobine) et subit de plein fouet les assauts du vent. De par sa présentation sur la canne, le tambour tournant termine la course du lancer à l’arrière de la canne. Le fil sortant de façon rectiligne de la bobine, l’influence du vent est quasiment nulle. Le fil reste caché derrière la canne et n’offre pas de spires sauvages au vent. Naturellement, l’influence du vent reste réelle mais nettement moindre par rapport au tambour fixe.

Ci-contre : le diamètre du fil n’a que peu d’incidence sur le tambour tournant en comparaison de celle qu’enregistre le tambour fixe ! Cette particularité le rend indispensable dans les pays du Nord de l’Europe qui doivent affronter les pires conditions de pêche.  

  Un autre avantage du tambour tournant : il améliore les distances obtenues avec des gros diamètres de fils. Aujourd’hui, un 35/100 ou un 40/100 sont des diamètres jugés importants. La tendance est plutôt dirigée vers les diamètres de 25/100 ou 30/100. Il est vrai que ces derniers facilitent les lancers et font gagner de précieux mètres. Chacun conviendra pourtant que ces diamètres, aussi efficaces soient-ils, ne supportent que très peu les agressions des vagues et la volonté des grappins à rester ancrés au fond. Malheureusement, un bon 35/100 fait perdre près de 20% de la distance qu’un 30/100 apporte. Le tambour tournant, lui, se moque éperdument de la différence et réduit l’écart à moins de 10%. Dans de mauvaises conditions, l’efficacité du tambour tournant est réelle. Elle permet de garder des rapports de distance réguliers sans perdre trente mètres sur un simple changement de vent.

‹‹‹ Les spécialistes modifient leur moulinet pour y incorporer un système magnétique. Ce système offre un meilleur comportement et des réglages plus précis et plus efficaces.

Dans des mains expertes, un tambour tournant propulse un plomb de 150 grammes à près de 170 mètres, appât au bout… Peu de pêcheurs peuvent se vanter d’atteindre de telles distances avec un tambour fixe. Avec le tournant, n’importe quel lanceur capable de poser un plomb à 200 mètres peut réaliser 160 mètres avec appâts (nous parlons ici d’ appâts peu volumineux de type vers). Avec un tambour fixe, une même performance exécutée avec un plomb seul n’engendre qu’un petit 140 mètres en pêche…tout ceci avec du 35/100. Je précise que ces distances ne s’entendent qu’avec des cannes jugées capables d’encaisser un véritable “pendulaire” ou un “sud-africain”, correctement réalisés.


Du plaisir à outrance

‹‹‹ La taille réduite du tambour tournant en fait un véritable bijou. Une fois maîtrisé, l’engin est vivant et offre des sensations vertigineuses.

L’utilisation du tambour tournant apporte un plaisir énorme. Tous ses amateurs s’entendent à reconnaître qu’il est agréable, non seulement pour sa prise en main mais aussi pour les sensations qu’il apporte lors du combat. Au lancer, le tambour tournant tient parfaitement dans la main. Le contact est entier et la main maîtrise totalement l’outil. Son utilisation devient instinctive avec le temps. Il vous faudra certainement une certaine période d’adaptation, mais ce cap franchi, le plaisir sera inévitablement au rendez-vous !
Selon moi, l’atout majeur du tambour tournant réside dans les sensations qu’il procure lors du combat avec le poisson. Tous les coups de tête sont perçus dans leurs moindres détails. La puissance du poisson est immédiatement ressentie dans l’avant-bras et c’est toute la canne qui se fait l’écho de cette rébellion.

Ci-contre : le moulinet Abu Ambassadeur est l’un des plus efficaces du moment avec le Daiwa Millionaire 7 HT. Sur ce modèle, la grande poignée de combat offre une plus grande puissance à la récupération et permet de combattre de gros poissons. On note ici la présence de quatre vis (une sur la poignée et trois sur la flasque) qui une fois dévissées permettent d’accéder à la mécanique du moulinet.

‹‹‹ L’enroulement du fil sur le tambour tournant se fait dans l’axe de la récupération. Cette particularité permet au pêcheur d’avoir un contact permanent avec le fil et de ressentir ainsi les moindres réactions du poisson.

La raison de ce déchaînement de sensations est simple. Sur un tambour fixe, on trouve ce que l’on appelle communément le galet. Cette pièce circulaire qui accueille le fil sur le bras de pick-up est destinée à protéger la ligne. Pourtant, en y regardant bien, on se rend compte que le galet n’est autre qu’une poulie. On apprend à l’école les effets de la poulie : elle divise les forces en jeu par deux. Ceci signifie que toute l’énergie de votre poisson est divisée par le galet. Sur un tambour tournant, c’est le pouce qui guide le fil. Le pouce enregistre tout, le bras encaisse les tractions. Au final, les perceptions sont nettement meilleures et 100 fois plus excitantes. J’ai personnellement toujours pris plaisir à combattre un gros bar avec ce type de moulinet. Avec les tambours fixes actuels, dotés de puissances de récupérations énormes, le combat prend facilement l’allure d’un véritable treuillage. Il perd de sa saveur. Et ce n’est pas tout : vous ressentirez également les vrombissements de la bête au lancer !

Ci-dessous : Voilà à quoi se résume le bâti d’un tambour tournant : une pièce de quelques dizaines de grammes ! Pourtant, la résistance globale est extraordinaire et n’a rien à envier aux tambours fixes. Il est aussi important de souligner que cette légèreté est à l’origine des sensations perçues au lancer et qui sont faites de ronronnements vifs et dynamiques.  

Ceux-ci ne vous laisseront pas indifférents, surtout lorsque vous percevrez la trajectoire de votre plomb rien qu’en identifiant les accélérations et les décélérations de la bobine…
Le tambour tournant est un moulinet vivant. Il aiguise les réflexes et l’instinct du pêcheur. Je ne peux que vous conseiller de découvrir ce plaisir et de vous essayer sans plus attendre à ces nouvelles sensations. Nous allons voir maintenant comment fonctionne un tambour tournant afin de mieux vous guider par la suite vers une utilisation optimale.

‹‹‹ L’axe du tambour tournant traverse tout le moulinet. On voit sur l’image le petit épaulement sur lequel le roulement de bobine vient buter.

Le moulinet à tambour tournant est construit autour d’un axe horizontal, contrairement au tambour fixe dont l’axe est vertical. Autour de cet axe est positionnée la bobine du tournant. Cette bobine, comme l’indique le nom du moulinet, tourne autour de l’axe. Elle est dotée de deux roulement internes qui permettent d’atteindre des rotations extrêmement élevées (plus de 10000 tours/minute au démarrage).
La bobine est également équipée d’un système de prise qui lui permet de se coupler à la mécanique de récupération. Cette dernière est constituée d’un jeu d’engrenages directement couplé à la manivelle. La démultiplication est minimale de façon à laisser le maximum de puissance au moulinet.

‹‹‹ Pour débrayer la bobine (la libérer de l’engrenage), il suffit de pousser un petit bouton situé sur la flasque avant droite du tambour tournant.

Pour lancer, le principe consiste donc à débrayer la bobine afin de la libérer totalement de l’engrenage. Cette opération se fait généralement en pressant sur un bouton de débrayage situé sur une des flasques du moulinet. Pour récupérer, il suffit de faire chemin inverse en recouplant la bobine à l’engrenage. L’embrayage de l’engrenage se fait automatiquement dès que le pêcheur tourne la manivelle du moulinet.
Sachant cela, il nous reste maintenant à régler le moulinet afin de le rendre utilisable. C’est précisément dans ces étapes que les possibilités d’erreurs sont les plus nombreuses et qu’il est donc important d’être spécialement minutieux afin de les éviter.


Comment se règle le tambour tournant.

Ci dessus à gauche : on voit ici l’étoile de freinage qui permet de régler la puissance du frein de combat. A droite, une bobine de tambour tournant ne pèse que quelques grammes, vide. On distingue le roulement situé au centre. La bobine en possède deux. Sur le Daiwa 7 Ht, les roulements sont situés sur le bâti du moulinet.

La particularité du tambour tournant est d’offrir un double réglage des freins. Le premier est destiné à augmenter la pression du frein de combat. Il fonctionne exactement de la même façon que le frein d’un tambour à l’exception de son orientation verticale et de l’étoile de serrage. Le second frein est destiné à stabiliser, voire ralentir la bobine débrayée lors du lancer.
La grande difficulté du tambour tournant est en effet cette propension naturelle à engendrer des perruques de fils. L’origine en est simple. L’impulsion du départ du lancer donne à la bobine une certaine vitesse de rotation. Grâce à cette vitesse, la bobine se met à tourner seule et libère le fil qui se déroule. Si le plomb part à une vitesse inférieure à celle de rotation de la bobine, les spires de fil ne s’échappent plus et finissent par s’enchevêtrer les unes avec les autres. Les perruques sont dues à 90 % à un manque de vitesse du plomb. Les 10% qui restent sont dus à un mauvais rangement du fil sur la bobine.

Ci-contre : on voit ici la couronne qui accueille les masselottes (petits ergots perpendiculaires à l’axe). Cette pièce sert également à engager la bobine sur l’engrenage.

Pour résoudre ce problème de perruque, nous devons donc agir sur la vitesse de rotation de la bobine en la freinant. Ce freinage peut se faire à l’aide de petites pièces en fibre de verre placées sur une couronne.

‹‹‹ On distingue au fond de la flasque un aimant rond qui s’approche ou s’écarte de la bobine. Cet aimant vient agir sur le roulement de bobine pour freiner la vitesse de rotation de la bobine lors du lancer…

Avec la force centrifuge, ces petites pièces viennent se plaquer contre une paroi métallique et freinent plus ou moins la bobine. On trouve également des moulinets tournants dits magnétiques. Ces moulinets sont basés sur un système de frein magnétique constitué de petits aimants que l’on approche ou que l’on éloigne de la bobine. La bobine étant généralement en aluminium, les aimants n’agissent que sur le roulement. Plus on utilise d’aimants, ou plus forts sont ces derniers, plus le frein est puissant. L’avantage de ce dernier système est de n’offrir aucune variation avec la température. L’autre système – à masselottes – engendre un frottement et, avec la chaleur ou le froid, les performances diminuent pour une multitude de raisons. La plus importante est représentée par les projections d’huile que produit le roulement de bobine. Cette huile se répartit sur la surface de frottement et déstabilise les masselottes.

Tous ces systèmes de freinage nécessitent une certaine expérience pour être maîtrisés à la perfection. Je vous aiguillerai le mois prochain pour réaliser vos premiers réglages en vue d’une première utilisation. Nous allons décortiquer ensemble tous les secrets de ces moulinets qui savent se faire si précieux ou si diaboliques.

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