Moulinet tournant partie 4

Tout savoir sur les moulinets tournant en surfcasting Partie 4

Article de l’ancien site pecheaubar.com

Ce mois-ci, nous abordons la dernière partie de notre grand dossier découverte sur le tambour tournant. Cette dernière partie n’a pour seul but que de vous guider dans les interminables méandres de l’amélioration de vos moulinets. En effet, une fois maîtrisée l’utilisation de votre tournant, vous aurez probablement envie de le faire tourner plus vite, pour aller plus loin ! C’est juste cause… Attention toutefois aux conséquences d’un emballement non calculé. Si vous vous jetez à corps perdu dans un « tunning » irréfléchi, il y a fort à parier que vous serez en proie à de sérieux problèmes.

En réalité, le but que nous allons rechercher ici est d’éliminer tout ce qui peut ralentir la sortie du fil du moulinet afin d’optimiser au mieux les lancers. Ceci ne veux pas dire que le moulinet est seul à permettre les meilleures distances, il y contribue seulement. Restez bien conscient que le meilleur moulinet ne peut briller s’il n’est secondé par un bon lancer, net et sans bavure. Le premier conseil essentiel qu’il me faut vous donner, est de ne vous lancer dans les optimisations qui suivent qu’à la seule et unique condition de posséder parfaitement votre lancer, qu’il s’agisse d’un pendulaire ou d’un plomb posé.

Ci-contre : une fois la gestuelle acquise, la tentation est grande d’aller frôler la barrière des 200 mètres. Pour cela, les moulinets d’origine ne suffisent plus.

La chasse aux vibrations

‹‹‹ Les vibrations sont les pires cauchemars du lanceur de compétition. Il faut leur faire une chasse assidue.

Le tambour tournant a pour particularité de limiter les frottements du fil que l’on constate habituellement sur les tambours fixes. Malgré tout, un moulinet d’origine est soumis à un certain nombre de ralentissements dus à l’utilisation « pêche » qui en est prévue. De ce fait, nous allons faire la chasse à ces ralentissements, en changeant, modifiant certaines pièces ou encore en améliorant le fonctionnement global du moulinet. Vous allez vous rendre compte au fur et à mesure de vos progrès que le tambour tournant change de comportement au gré des distances que vous allez atteindre. Lorsque vous atteindrez une certaine distance (habituellement aux alentours de 170 mètres), vous commencerez à rencontrer des problèmes de vibration. Ceux-ci ne sont pas systématiques mais extrêmement réguliers pour peu que l’on ne sache pas comment les résoudre.

Ces vibrations sont une plaie pour le lanceur. Elles réduisent les distances de plus de 20% et posent un certain nombre de problèmes au moulinet, lesquels peuvent s’avérer dangereux pour le moulinet, les années aidant.

Ci-contre : ce moulinet de compétition est optimisé pour éviter les vibrations. Il a en effet subit une quantité de transformations qui stabilisent l’intégralité de la mécanique.

J’ai pu constater moi-même, comme sur les autres compétiteurs, que les vibrations se font de plus en plus discrètes au fur et à mesure que les distances de lancer sont importantes. Ceci est la preuve qu’il est avant tout nécessaire de limiter ces vibrations afin de pouvoir jouir d’un moulinet en pleine santé, capable d’abattre les mètres sans problème.

‹‹‹ L’équilibre d’un tournant est primordial. Imaginez donc que la bobine ne pèse que quelques grammes et qu’elle encaisse des chocs de plusieurs dizaines de kilos !

Un moulinet de compétition ronronne comme une horloge, le fil gonfle sur la bobine et sort du moulinet à grande vitesse. On ne doit entendre aucun bruit lors du lancer ! Nous allons maintenant voir ensemble quels sont les éléments qui engendrent ces vibrations, et ils sont nombreux !

Les points cruciaux

Les vibrations sont engendrées par une déstabilisation générale du moulinet. Elles sont issues de différentes parties du moulinet. Pour les contraindre, il va falloir agir sur toutes ces parties qui en sont la cause.

Les points à vérifier de prime abord sont les roulements, la bobine, l’axe et le bâti, autrement dit, près de 80% du moulinet !

Ci-contre : l’outillage nécessaire au démontage et à l’entretien fait partie de la vie du parfait utilisateur de tournant. Ces opérations “in vitro” ont vraiment quelque chose de magique !

Pas de panique, les choses peuvent se traiter les unes après les autres. Je vous conseille de procéder pas à pas afin de ne pas vous retrouver dans une situation ingérable. Après tout, le but pour vous est de lancer plus loin à la pêche et pas de créer un monstre de rapidité…

Les roulements : les roulements peuvent être à l’origine de vibrations s’ils sont mal entretenus ou abîmés. En fait, les roulements ne sont qu’à l’origine des vibrations, celles-ci sont amplifiées par la bobine. Il faut comprendre que la bobine est portée par deux roulements. Si un des deux tourne moins vite que son confrère, il se crée un déséquilibre qui lance le processus de vibration, lequel ne fait que s’accroître au fil du lancer. C’est un peu pour cette raison que les moulinets Millionnaire 7HT sont peu utilisés dans le milieu de la compétition. Ces moulinets ont en effet la particularité de posséder deux roulements de tailles différentes. Les deux tournent donc à des vitesses différentes. Si ce moulinet est une perle pour la pêche, il supporte mal les grandes vitesses de rotation induites par la compétition de lancer. Sébastien Fabrègue, multiple champion de France, a pour cette raison modifié son 7HT pour y placer deux roulements de taille identique (secret de fabrication ?). On comprend donc que l’entretien des roulements est une nécessité absolue pour qui veut garder un outil en pleine santé.

Je vous conseille, pour optimiser vos distances, d’utiliser une huile fluide. Plus l’huile est liquide et plus le roulement tourne vite. Certains compétiteurs utilisent même du WD40, lequel apporte des vitesses de rotation colossales.

Cependant, je me dois de vous mettre en garde car les roulements d’origine ne sont pas conçus pour supporter des vitesses de plus de 15000 tours/minutes. Il faut savoir qu’un lancer à 200 mètres pousse le moulinet à plus de 20000 tours/minute au démarrage .

Ci-contre : les perruques deviennent très vite plus compréhensibles lorsqu’on prend conscience des vitesses de rotation d’un tambour tournant.

Vous devez donc vous procurer des roulements capables d’encaisser des vitesses de rotation inférieures ou égales à 50000 tours/minute. Tous les magasins spécialisés regorgent de ces roulements. Choisissez surtout des roulements non étanches, lesquels sont parfaits pour la pêche mais très limités en distance. De bons roulements classiques suffisent à condition de les entretenir. Sachez de ce fait qu’une huile très fluide s’échappe très vite de la cage de roulement. Plus vous demandez à votre moulinet et plus vous devez tenir compte de ce facteur. Il faut huiler les roulements à chaque séance de lancer, après nettoyage complet ! Si vous n’y prenez garde, vous pouvez très vite griller un roulement.

La bobine : la bobine repose sur les roulements, elle subit donc directement toutes les influences d’une différence de vitesse entre les deux. De plus, la bobine peut très bien être elle-même sujette à un défaut d’équilibrage. Pour le pêcheur, les vitesses de rotation ne sont pas suffisamment élevées pour poser des problèmes récurrents.

C’est généralement le rangement du fil qui pose problème. Je vous rappelle donc qu’il est important de ranger le fil de façon équilibrée et homogène sur la bobine.

Ci-contre : prenez un soin tout particulier à ranger votre fil bien à plat. Il en va de la régularité et de la stabilité de la bobine.

Si vous avez l’âme du compétiteur, vous pouvez vous lancer dans la modification de la bobine. Il vous faut pour cela trouver un tourneur équilibreur doté d’une machine numérique. Ce dernier vous équilibrera la bobine en éliminant les quelques dixièmes ou centièmes de grammes qui posent problème. Si cela peut en faire sourire certains, sachez que nombre de grands lanceurs sont passés par là et que ces quelques poussières de métal que l’on enlève créent des vibrations horribles lorsque l’on atteint un niveau de compétition national (+ 230 mètres).

Les vibrations peuvent également venir d’un voile sur l’une des flasques de la bobine. Si votre bobine est tombée, vous pouvez la mettre au placard et la changer. Le moindre choc sur une flasque peut la voiler légèrement et rendre inutilisable la bobine.

Ci-contre : les bords de bobine sont très fragiles. Ne faites jamais tomber celle-ci par terre et veillez aux grains… de sable qui pourraient se loger entre elle et le bâti du moulinet.

L’axe : l’axe supporte la bobine du moulinet. Il peut engendrer lui aussi des problèmes de vibration très gênants. Ce qui suit est uniquement valable pour les moulinets Abu, lesquels sont équipés d’un axe amovible. Cet axe est maintenu au travers de la flasque droite par un clip métallique ou plastique. Si vous possédez ce moulinet, vous pouvez vous rendre compte que l’axe n’est pas très stable dans son logement. Il bouge.

De ce fait, à haute vitesse, il entraîne une vibration importante des roulements. La solution technique existe mais s’avère bien trop complexe pour être décrite ici. Je vous conseille donc de biaiser le problème en huilant l’axe avec une huile plus épaisse que celle utilisée dans les roulements .

Ci-contre : on peut stabiliser les roulements en forgeant une pièce spécifique, secret de quelques grands lanceurs.

Cette huile permet aux roulements et à la bobine de « glisser » sur l’axe. Le résultat n’est pas total mais très satisfaisant. Les plus bricoleurs d’entre vous trouveront sûrement le moyen de fileter l’axe afin de le solidariser définitivement avec la flasque droite du moulinet.

Le bâti : le bâti maintient les deux flasques gauche et droite ainsi que toute la mécanique. Une fois de plus, je m’adresse ici aux possesseurs de moulinets Abu. Les Daiwa 7HT possèdent un bâti monobloc irréprochable. En fait, il faut savoir que les moulinets Abu 6500 sont initialement conçus pour les pêches mi-lourdes et non pas pour le surf. Les besoins l’ont dévié de ses objectifs premiers. Cependant, le bâti n’est logiquement pas conçu pour supporter des vitesses de rotation extrêmes. Ce bâti est en effet constitué de plusieurs parties reliées entre elles. Le cap des vibrations est très vite atteint et s’il n’en est pas l’instigateur principal, le bâti contribue à amplifier les vibrations créées par le reste du moulinet. De ce fait, il peut être intéressant de se procurer un bâti de substitution monobloc, relativement simple à trouver sur les sites internet anglo saxon.

Ci-dessus : à gauche un bâti monobloc, à droite un bâti d’origine.

huile pecheComme vous pourrez le constater, les vibrations sont souvent le fait d’une succession d’anomalies. Selon moi, la source la plus importante de vibrations provient des roulements. C’est pour cela que j’insiste particulièrement sur l’entretien que vous devez leur prodiguer. Sachez que l’huile que contiennent vos roulements subit de fortes variations de température. Elle chauffe très vite, brûle et disparaît, laissant en place de nombreuses particules.

‹‹‹ Les huiles sont parfois le secret de la réussite. Pour que celles-ci puissent remplir correctement leur rôle il est indispensable de nettoyer plus souvent ses roulements que lors d’une utilisation plus cool.

Il est important de nettoyer très souvent ses roulements, surtout si on utilise des huiles très fluides. Ces roulements ne coûtent pas cher, il est donc facile d’en faire un ou deux jeux de rechange sachant que l’on ne change jamais un seul roulement mais toujours les deux simultanément.

Tous les trucs donnés dans cet article sont le résultat de nombreuses années de compétition. J’ai enchaîné les problèmes et les déceptions à cause de moulinets mal réglés ou mal optimisés. Aujourd’hui, sans vous inciter à faire de la compet’, je ne saurai que trop vous conseiller de vous atteler au réglage et à l’optimisation de votre moulinet dès que vous vous sentez assez mûr pour enchaîner les lancers sans vous poser de question. Vous vous rendrez compte que les distances de lancer s’allongent naturellement lorsque le moulinet est sain. Vous n’avez plus à fournir d’efforts importants pour obtenir un gain de distance immédiat. Vos appâts souffrent moins et le plaisir prend vite le pas sur le stress.

Nous voilà donc arrivés ensemble au terme de cette longue découverte du tambour tournant. Je souhaite vous dire que malgré ces quatre articles, nous aurions encore bien des choses à raconter sur ces moulinets magiques. Ils ont suivi ma vie et celle de nombreux pêcheurs depuis des années et rien, ni aucune avancée technologique ne saurait me faire oublier les bons moments que j’ai pu passer grâce à eux. Je vous souhaite le même plaisir !

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