Moulinet tournant partie 3

Tout savoir sur les moulinets tournant en surfcasting Partie 3

Article de l’ancien site pecheaubar.com

Ces deux derniers mois, nous avons abordé l’usage du tambour tournant avec méthode. Nous avons commencé par en expliquer les avantages et inconvénient, nous avons ensuite décortiqué les différentes phases de préparation. Maintenant, il ne nous reste plus qu’à expliquer l’essentiel : comment vous servir de votre tournant. Cette avant dernière partie doit vous permettre de ne pas tomber dans les pièges du moulinet lors de vos premières sorties de pêche.

Plus gros yeux que gros ventre ?

Avec le tournant, il est une certitude : tant que vous n’en êtes pas le maître absolu, c’est lui qui vous domine. Jusqu’à ce que vous soyez parvenu à maturité, je vous conseille donc de rester sage face aux caprices de votre moulinet. Ne lui donnez pas l’occasion de vous martyriser, en d’autres termes, respectez à la lettre toutes les précautions que nous avons vues au préalable. Soyez certains d’une chose : avec un tournant bien utilisé, il n’est point besoin de forcer pour aller loin. La ligne est libérée avec une grande douceur et les mètres s’avalent à grande vitesse. Cherchez donc à apprivoiser votre moulinet plutôt qu’à le dompter, voilà selon moi le message essentiel !

Ci-contre : le tambour tournant n’est pas synonyme de perruques. Lorsque ces dernières se succèdent, cela signifie obligatoirement que les réglages du moulinet sont défaillants.

Notre objectif, durant ces premières parties de pêche, ne sera pas d’exploser, ni même simplement dépasser vos propres records. Il s’agira simplement pour vous de lancer aussi loin qu’avec vos moulinets à tambour fixes.

De ce fait, et si vous y parvenez, vous constaterez avec quelle aisance vous atteignez les mêmes distances. Dans un premier temps, ce premier objectif permet de mieux cerner les capacités réelles du tournant, sa façon de mieux protéger les appâts, son contact plus fin et plus tactile.

Entrer dans la bataille

Nous voilà donc fins prêts à entrer dans le vif du sujet ! Vous avez bien suivi les conseils du mois dernier et nous sommes à l’orée d’une nouvelle vie pour vous.
Au stade où nous en sommes, il ne nous reste plus qu’à régler les derniers petits détails qui officialisent votre nouvelle appartenance au clan des lanceurs au tournant.

Ci-contre : Une simple pression du pouce suffit à guider le rangement du fil sur la bobine.

En premier lieu, avant de connecter votre montage à l’arracher, vérifier la longueur de ce dernier. Vous devez avoir au moins 5 tours d’arracher dans la bobine. Je vous conseille premièrement d’utiliser du nylon en 60/100, lequel est le seul à résister à un véritable lancer pendulaire (si, si, vous y arriverez). Essayez de le choisir bien raide afin qu’il ne crée pas de spires. À ce sujet, je vous conseille vivement, avant chaque début de pêche, de sortir votre arracher hors de la canne. Demandez à un ami d’en prendre une extrémité tandis que vous prenez l’autre. Étirez alors fermement votre arracher en le tirant de chaque côté. Il reprendra une rectitude parfaite et sortira bien mieux des anneaux. Même si ce détail vous semble futile, vous n’imaginez pas encore le bénéfice en matière de distance….

Ci-contre : ranger le nœud sur le côté de la bobine permet d’éviter les blessures lors du lancer.

À propos de l’arracher, il faut aussi préciser que ce dernier doit impérativement être rangé sur un côté de la bobine. Ne le répartissez jamais sur toute la longueur.

La raison en est simple : une fois que votre pouce viendra maintenir la bobine, vous aurez une bien meilleure prise sur le corps de ligne que sur l’arracher. De plus, la présence du nœud sous le pouce est à proscrire pour des raisons de sécurité. Imaginez que vous mainteniez mal la bobine lors du lancer. Celle-ci va tourner et libérer le fil, centimètre après centimètre. Si le nœud passe sous le pouce en pleine puissance, vous risquez de vous blesser. Soyez donc vigilants sur ce détail et rangez bien votre arracher sur le flanc gauche ou droit de la bobine.
Nous approchons du moment suprême…

Votre montage est connecté, votre arraché détendu et enroulé d’au minimum 5 spires dans la bobine. Il est bien rangé sur le côté. Vous êtes donc prêt à vous présenter au bord de l’eau.


Commencez par vous enfiler une protection sur le pouce qui tiendra la bobine. Cette protection est généralement un morceau de chambre à air de vélo (diam 28) coupé à la longueur de la deuxième phalange du pouce. Cette protection offre deux avantages : l’un consiste à éviter les blessures tandis que l’autre offre un parfait maintien du nylon au lancer. Le caoutchouc humide possède en effet d’excellentes propriétés anti-dérapantes.

Vous allez maintenant régler le moulinet pour le lancer. Comme nous l’avons déjà précisé le mois dernier, il faut toujours régler la bobine de façon à ce qu’elle ne vous occasionne pas de perruque. Serrez donc le bouton de bobine (situé au centre de la flasque gauche) jusqu’à ce qu’il soit en contact avec l’axe ou la bobine. Une fois le contact pris, assurez le par un serrage d’un millimètre supplémentaire.

Réglez ensuite votre frein magnétique, si vous en avez un. Montez-le au maximum.
Ainsi réglé, le moulinet est une véritable charrue ! Si vous procédez comme il le faut par la suite, cela ne vous empêchera pas de lancer loin… Prenez votre moulinet en main. Installez bien votre index et votre majeur de chaque côté de la bague supérieure (si vous possédez des bagues). Enroulez le moulinet pour placer votre pouce sur la bobine. Remontez le pouce sur la bobine aussi haut que nécessaire afin que le creux du pouce enveloppe bien la bobine. Une fois placée, la main enserre le tout fermement.


Vous devez maintenant débrayer le moulinet. Lâchez la canne de votre main libre en la maintenant par le moulinet (sans relâcher la bobine précédemment enveloppée). Appuyez sur le bouton de débrayage situé sur la flasque avant droite du moulinet (en bas). En appuyant sur ce bouton, vous libérez la bobine qui ne se trouve plus couplée au mécanisme de récupération. Si vous avez un peu de mal à appuyer sur votre bouton, vous avez peut-être un système de sécurité sur votre moulinet. Faîtes légèrement tourner le bobine vers vous (quelques millimètres), cela doit débloquer le système. Vous êtes maintenant prêt à lancer, surtout ne lâchez pas la bobine !!!

Le baptême du feu

Je ne vais pas vous donner de cours de lancer ici même. Peut-être y reviendrons nous par la suite. Cependant, sachez qu’un tambour tournant aime bien être dominé. Il n’apprécie que moyennement les hésitations.
Vous devez contrôler votre lancer du début à la fin et surtout ne pas avoir peur de perruquer. Avec les réglages que nous avons effectués, vous n’avez que peu de risques de tout casser, soyez donc Zen !
Armez votre geste et préparez vous à lancer. Dites vous qu’il ne faut pas forcer comme un âne, vous aurez tout le temps après. Cherchez simplement à « lancer » votre plomb bien en haut. Servez vous de la canne comme d’un ressort et bloquez la fermement à la fin. Je vous demande ensuite d’essayer de suivre le plomb des yeux. Si vous le perdez, regardez immédiatement votre bobine. Une fois que le lancer est parti, vous attendez que le plomb tombe à l’eau. Attention, la bobine ne s’arrête pas toute seule… Vous devez la stopper à chaque fois. Il est donc important de suivre le plomb des yeux. Si c’est le cas, arrêtez la bobine lorsque le plomb s’apprête à toucher l’eau, puis, rembrayer en donnant un tour de manivelle.

Ci-contre: Il faut être prêt à réagir en un fraction de seconde lorsque le plomb touche l’eau, faute de quoi les spires s’entremêlent en perruque.

Si vous perdez le plomb des yeux, surveillez attentivement la bobine qui tourne. Dès que vous voyez les premières spires de nylon s’envoler (gonfler), stoppez la bobine. Sortez les spires desserrées puis, rembrayez.

Posez la canne sur le ventre ou entre les cuisses pour retendre la ligne. Après chaque lancer, il faut ranger les quelques mètres de fil détendu. Pour cela, attrapez la ligne entre le pouce et l’index de la main qui tient la canne. Moulinez doucement en répartissant le nylon de droite à gauche et de gauche à droite. Continuez jusqu’à reprendre contact avec le plomb.

Vous pouvez maintenant laisser pêcher votre canne en desserrant le frein de combat. Pour cela, tournez l’étoile située sous la manivelle vers l’extérieur. Vous verrez qu’au fur et à mesure, la bobine rend de la puissance.
Si vous desserrez le frein, n’oubliez surtout pas de le resserrer avec de ferrer un poisson…

Maintenant, vous devez récupérer la ligne. Attention car cette étape conditionne la qualité du lancer suivant. Il en va ainsi avec le tournant, vous devez prendre de bonnes habitudes dès le début, et la première est de bien ranger sa ligne.

Ci-contre : En principe, le fil doit être rangé de façon totalement plane sur la bobine. Dans les faits, on ne doit pas s’attacher à autant de précision, cependant, il faut éviter les surcharges de fil pour ne pas engendrer de déséquilibres au lancer suivant.
Pour ranger le fil, je vous conseille de le guider avec le pouce gauche. Appuyez légèrement sur le nylon pendant que vous moulinez et dans le même temps, balayez toute la largeur de la bobine avec le pouce. Cela doit suffire à ranger le fil correctement. Avancez doucement en prenant votre temps. Si cette étape vous fatigue, sachez qu’en très peu de temps, vous ne ferez même plus attention à ce que vous faites. L’habitude fait bien des miracles, soyez donc persévérants !

Ci-dessous : Porter une protection à l’avant bras permet d’éviter les brûlures du fil dues à la proximité du fil et de la canne.

Maintenant que vous avez effectué votre premier cycle complet préparation/lancer/ramener, vous êtes sûrement impatient de lancer plus loin. Il est vrai que nous avons bridé le moulinet pour ce premier jet.

Pas de panique ! Ne confondez pas vitesse et précipitation… Dan s un deuxième temps, je vous conseille de conserver les même réglages que celui évoqué dans cet article : tout serré ! Au prochain lancer, tentez de donner un peu plus de pêche pour gagner en puissance. Ouvrez d’abord le frein de bobine latéral, tout doucement et en libérant seulement le millimètre de sécurité dont nous avons parlé plus haut.

Ensuite, et seulement si le plomb est toujours en phase ascendante, libérez doucement le frein magnétique. En précédant ainsi, vous évitez les perruques de démarrage et vous vous accordez quand même la possibilité de poser votre plomb à plus de 150 mètres, ce qui est déjà un pas énorme! Dans la dernière partie de ce dossier, nous parlerons des secrets de réglages qui permettent de gagner de précieux mètres. Les réglages dont nous parlerons sont essentiellement appliqués par les lanceurs de compétition. Ils sont donc à prendre avec parcimonie pour la pêche. Cependant, il est nombre d’astuce que beaucoup ignorent encore après des années d’utilisation.

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